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Message de Mgr Joachim OUEDRAOGO pour le Carême 2016

Écrit par Batin le . Publié dans News

Image de l'Année de la Miséricorde

Monseigneur Joachim OUEDRAOGO

Evêque de KOUDOUGOU

 

MESSAGE DE CAREME 2016

 

« Eglise Famille de Dieu qui est à Koudougou sois une école de Miséricorde »

Chers confrères dans le sacerdoce,

Révérends Frères,

Révérendes Sœurs,

Fils et Filles de l’Eglise Famille de Dieu à Koudougou

  1. Ce temps de carême que l’Eglise nous propose se révèle être le temps privilégié du pèlerinage intérieur vers Dieu qui est la source de la miséricorde. C’est un pèlerinage au cours duquel Dieu Lui-même nous accompagne à travers le désert de notre pauvreté, nous  soutenant sur le chemin vers la joie profonde de Pâques. Même dans un climat d’insécurité de toute provenance ; même dans les «ravins de la mort» dont parle le Psalmiste (Ps 22 [23], 4), Dieu nous garde et nous soutient.

Oui, aujourd’hui encore le Seigneur écoute le cri des multitudes affamées de joie, de paix et d’amour. Même  dans la désolation de la misère, de la solitude, de la violence et de la faim, Dieu ne permet pas que l’obscurité de l’horreur l’emporte. Comme l’a en effet écrit le pape Jean-Paul II, il y a une «limite divine imposée au mal», c’est la miséricorde (Mémoire et identité, 4, Paris, 2005, pp. 35 ss). Dans sa bulle d’indiction du jubilé extraordinaire de la Miséricorde dont la porte sainte a été ouverte le 08 décembre 2015, le Pape François exhorte le peuple chrétien à vivre plus intensément le carême de cette Année Jubilaire comme « un temps fort pour célébrer et expérimenter la miséricorde de Dieu ». (Misericordiae vultus, n. 17). Fort de cette interpellation, j’invite les fils et filles de l’Eglise Famille de Dieu à Koudougou à s’inscrire dans cette dynamique de la Miséricorde.

  1. «Eglise Famille de Dieu qui est à Koudougou soit une école de Miséricorde ».

Notre famille diocésaine, telle une école, doit être riche en miséricorde, une école où chacun et chacune de ses membres est invité à apprendre, à enseigner, à donner et à recevoir la miséricorde.

Elle doit « réfléchir sur les œuvres de miséricorde corporelles et spirituelles et permettre à ses jeunes d'y apporter les forces créatrices et l'imagination» de leur jeunesse.

Une Famille riche en miséricorde

  1. Pour parler de la miséricorde, la Bible utilise surtout deux mots : « rahamin » et « hèsèd ».

Ces deux termes hébreux expriment ensemble ce qu’est la miséricorde.

Le premier (rahamin) parle d’un attachement instinctif d’un être à un autre ; sentiment qui a particulièrement son siège dans les entrailles maternelles. Le second terme (hèsèd) traduit une volonté consciente, voulue à l’égard de quelqu’un, comme réponse à un devoir intérieur, une fidélité à soi-même. Tout cela nous dit bien l’attitude de Dieu à notre égard. Précisément, dans l’Ecriture, c’est le mot-clé pour indiquer l’agir de Dieu envers nous. La Miséricorde de Dieu, dit le pape François, « c’est sa responsabilité envers nous. Il se sent responsable, c’est-à-dire qu’il veut notre bien et nous rendre heureux, remplis de joie » (Misericordiae vultus, n. 18).

  1. Dieu est miséricorde ! Dans l’Ancien Testament, Dieu s’est révélé comme miséricordieux. Lorsqu'il choisit Abraham, celui-ci n'avait rien fait pour mériter particulièrement l’attention divine. Dieu lui fait quitter sa terre et son peuple. Abraham avait cru et obéi, Dieu lui promettra une descendance innombrable, à laquelle il donnera la Terre Promise. La foi d'Abraham permettra la réalisation du dessein de la Miséricorde divine.

Six siècles plus tard, Dieu, apparaissant à Moïse, au buisson ardent, lui dit: « J'ai vu, j'ai vu la misère de mon peuple ». « Va trouver Pharaon et dis-lui: 'Laisse sortir mon peuple » (cf. Ex 3,7-10). Ainsi, Dieu a pitié de son peuple; et sa pitié est agissante : il va libérer son peuple de l'esclavage du prince de ce monde.

C'est par sa puissance divine qu'il va libérer son peuple, mais il veut se servir d'une médiation humaine : celle de son envoyé.

Les membres du peuple de Dieu ne bénéficieront de la miséricorde divine qu'en ayant foi en celui que Dieu envoie et en obéissant à ce qu'il leur prescrit.

Dans le Nouveau Testament, c’est en Jésus de Nazareth que le temps de la Miséricorde divine est arrivé. Ce n'est pas d'une façon lointaine que Dieu a exercé sa Miséricorde à notre égard; mais Il nous a tant aimés, qu'Il est venu lui-même auprès de nous. Il est même venu vivre à l'intérieur de notre nature humaine sa miséricorde divine, pour relever l'humanité de l'intérieur. Jésus révèle la miséricorde de Dieu son Père, à travers sa Parole, ses gestes et toute sa personne. Il est « le visage de la miséricorde du Père riche en miséricorde » (Misericordiae vultus, n. 1). La Miséricorde et la sainteté sont les deux caractéristiques principales de sa personnalité. Si Jésus a pitié des personnes affligées de maux corporels, combien plus a-t-il pitié des personnes malades dans leur âme. Cette compassion lui a inspiré ses plus belles paraboles: la brebis perdue; l'enfant prodigue; le grain semé en différents terrains…

Le carême de cette Année Jubilaire est cet élan de Dieu venant nous rejoindre et partager notre condition humaine jusqu’à sa Pâque où, dans son immense amour pour nous, il livre sa vie afin de nous sortir de nos ténèbres et nous faire participer déjà à la joie de sa victoire sur tout mal et sur toute mort.

Miséricordieux comme le Père

  1. Bien chers frères et sœurs, je vous invite à emboîter les pas de Dieu notre Père qui se laisse attendrir à la moindre souffrance des hommes. Apprenons à être responsables des uns et des autres en voulant leur bien, en les rendant heureux. Apprenons à être attentifs aux autres surtout aux personnes qui souffrent, aux personnes sans défense, aux enfants, aux pauvres, aux personnes malaimées, aux femmes et aux hommes rejetés par la société et à tous ceux qui en notre sein sont en marge de l’Eglise et qui sont en situation irrégulière (les concubins, les chrétiens divorcés et remariés, les chrétiens polygames..).

C’est à l’image de Dieu que nous apprenons à avoir un cœur sensible à la misère de nos frères et sœurs. Nous apprenons ainsi à être "Miséricordieux comme le Père". Cette devise choisie par le pape François pour l’année de la miséricorde doit devenir notre devise. On apprend la miséricorde pour être capables de l’enseigner.

  1. Le temps de la Miséricorde est venu, pour vous et pour tous ceux  qui sont au loin. Convertissez-vous, et faites-vous baptiser au nom du Seigneur Jésus, pour la rémission de vos péchés, et vous recevrez l'Esprit-Saint"

En Jésus, bien que nous soyons encore sur la terre, nous sommes déjà citoyens des Cieux, et nous vivons dans l'action de grâce envers Celui qui, par sa miséricorde, nous a tirés de notre condition déchue pour nous faire vivre avec son Fils (cf. Ep 2, 4-10).

En donnant sa vie sur la croix, Jésus manifeste qu’il réconcilie le monde avec son Père, que la paix est acquise définitivement. Ce mystère de paix et d’amour infini, il faut que les chrétiens l’annoncent au monde comme une Bonne Nouvelle qu’ils ne peuvent garder pour eux. Combien de nos contemporains - et peut être nous aussi - croient encore que Dieu punit ou se met en colère contre l’homme ? Dieu est Miséricorde, il veut se faire proche de tous, se réconcilier le monde avec lui. Nous sommes les ambassadeurs de ce désir de Dieu (cf. 2Co 5,10).

  1. Frères et sœurs, en cette année jubilaire de la miséricorde, nous sommes chargés d'annoncer, de vivre et de communiquer la Miséricorde divine à tous les peuples du monde entier en commençant par les personnes les plus proches. Faisons de ce temps de Carême une occasion de rencontres et d'échanges la plus large et la plus riche possible.

Aidés par nos agents pastoraux, nos échanges peuvent se faire par exemple autour de la miséricorde divine dans nos paroisses, dans nos secteurs pastoraux, dans les groupes et mouvements d’action catholique, dans nos Communautés Chrétiennes de Base (C.C.B.) dans nos communautés religieuses et dans nos différentes familles respectives; car l’expérience des uns peut être source d’enrichissement pour les autres.

Si le carême de cette année jubilaire nous a permis d’enseigner la miséricorde à travers nos paroles et nos gestes quotidiens, il nous offre l’occasion de la donner aux autres.

Nous sommes souvent tentés d’être indifférents à la misère des autres. Nous sommes saturés de nouvelles et d’images  bouleversantes qui nous racontent la souffrance humaine et nous sentons en même temps toute notre incapacité à intervenir. Que faire pour ne pas se laisser absorber par cette spirale de peur et d’impuissance ? Tout d’abord, nous pouvons prier dans la communion de l’Église terrestre et céleste pour avoir la force de donner la miséricorde. Ne négligeons pas la force de la prière de tant de personnes ! L’écoute de la Parole de Dieu et l'initiative intitulée 24 heures pour le Seigneur dont parle le Pape François dans son message de carême, veulent montrer cette nécessité de la prière.

A l’exemple de Sainte Faustine nous pouvons instaurer une heure de Miséricorde : chaque jour, marquer un arrêt à 15 pour penser à la Passion du Christ et à tous ceux qui souffrent, même un court instant. C’est l’heure de la Miséricorde, l’heure où Jésus nous a rachetés en mourant sur la Croix.

  1. Notre carême de l’année jubilaire peut être aussi un carême de réconciliation avec les autres. Jésus nous demande de croire que le pardon est la porte qui conduit à la réconciliation. En nous ordonnant de pardonner à nos frères sans aucune réserve, il nous demande de faire quelque chose de totalement radical, mais il nous donne aussi la grâce pour le réaliser.

 Ce qui, du point de vue humain, semble impossible, irréalisable, voire parfois répugnant, Jésus le rend possible et fructueux par l’infinie puissance de sa croix. La croix du Christ révèle le pouvoir qu’a Dieu de résorber toute division, de guérir toute blessure et de rétablir les liens originels de l’amour fraternel.

  1. Fils et filles de l’Eglise diocésaine, donnons le pardon à nos frères et sœurs, en nous rappelant que la Miséricorde est encore plus que le pardon. C’est non seulement pardonner le mal, mais aussi retrouver une amitié encore plus forte qu’avant avec celui qui nous a blessés ou que nous avons blessé. J’invite alors toute personne ayant juré de ne pas pardonner à celui ou celle qui l’a offensé ou toute personne qui s’évertue à semer la division autour d’elle à avoir la crainte de Dieu pour donner le pardon et instaurer un climat de paix et d’amour. J’invite également les familles chrétiennes qui entretiennent des inimitiés qui datent de leurs grands-parents à faire le saut qualitatif de la réconciliation pour retrouver la paix du cœur. J’invite tout le monde sans exception à redécouvre les entrailles maternelles de la miséricorde, et à aller à la rencontre de tant de blessés qui ont besoin d’écoute, de compassion, de pardon et d’amour.

Par des gestes de charité, nous pouvons rejoindre aussi bien ceux qui sont proches que ceux qui sont loin, grâce aux nombreux groupes et mouvements de charité de nos paroisses. Le Carême est un temps propice pour montrer cet intérêt envers l’autre par un signe, même petit, mais concret, de notre participation à notre humanité commune. Je vous propose d’officialiser le mois de Mai, mois de Marie pour en faire un mois de collecte d’habits, d’argent ou d’autres objets en vue d’aider les nécessiteux.

  1. Accueillir la miséricorde est l’exigence première de ce temps de carême. Dieu dispose nos cœurs à accueillir son pardon et à le recevoir des autres.  L'Eglise et les sacrements sont des bienfaits de la miséricorde divine ; et ceux qui refusent d'en user, par exemple ceux qui refusent d'aller à la messe, le dimanche, ou de se confesser pour recevoir le pardon de leurs péchés, se privent eux-mêmes des bienfaits que Dieu, dans sa miséricorde, voulait leur dispenser. La miséricorde divine s'exerce donc par son pardon. Comme un père ou une mère qui continue d'apporter assistance à son enfant, malgré ses manquements et négligences antérieurs, Dieu seul nous pardonne sans se lasser pour nous remettre en lien vivant avec lui, afin que nous puissions à nouveau progresser. Parce que Jésus est le Fils de Dieu, Il dit de Lui-même: "Le Fils de l'Homme a le pouvoir de remettre les péchés sur la terre" (Mc 2,10) et il exerce ce pouvoir divin: "Tes péchés sont pardonnés!". Il manifeste également la réintégration des pécheurs pardonnés dans la communauté du peuple de Dieu en prenant place à la même table qu'eux. Le Christ a voulu que son Église tout entière, dans sa prière, sa vie et son agir, soit le signe et l'instrument du pardon et de la réconciliation qu'Il nous a acquis au prix de son sang. Il a cependant confié l'exercice du pouvoir d'absolution au ministère des apôtres. Ceux-ci reçoivent en même temps l'autorité de réconcilier les pécheurs avec l'Église. La réconciliation avec l'Église est inséparable de la réconciliation avec Dieu.

Le Christ a institué le sacrement de la réconciliation pour tous les membres pécheurs de son Église, avant tout pour ceux qui, après le baptême, sont tombés dans le péché grave.

  1. En ce temps de carême, j’insisterai particulièrement sur le sacrement de réconciliation. C’est le lieu par excellence de l’accueil de la miséricorde de Dieu. En prenant l’habitude de le recevoir, nous laissons le Seigneur modeler notre intériorité. C'est pour nous une nouvelle possibilité de nous convertir et de retrouver la grâce de la justification. Mais ce sacrement est aussi de très grande utilité pour se purifier des péchés véniels et pour progresser dans la voie de la sainteté. Nous expérimentons la délicatesse de Dieu, et il fait grandir en nous la sensibilité  qui nous rapproche de la misère des autres pour les en soulager. Dans toutes les paroisses du diocèse vos prêtres seront toujours à votre disposition pour administrer le sacrement de la réconciliation.

N’hésitons pas à renouveler notre pratique de ce sacrement. Ayons honte de nos péchés et avouons-les pour que nous accueillions concrètement la miséricorde de Dieu.

Les œuvres de miséricorde au centre de notre foi

  1. La miséricorde de Dieu transforme le cœur de l'homme et lui fait expérimenter un amour fidèle qui le rend capable d'être, à son tour, miséricordieux. Elle nous incite à l'amour du prochain et suscite ce que la tradition de l'Eglise nomme les œuvres de miséricorde corporelles et spirituelles.

Dans la bulle d’indiction de l’Année Sainte, le Pape François les a rappelées en ces termes : «Que le peuple chrétien réfléchisse durant le Jubilé sur les œuvres de miséricorde corporelles et spirituelles» (Misericordiae vultus, n. 24). Ces œuvres nous rappellent que notre foi se traduit par des actes concrets et quotidiens, destinés à aider notre prochain corporellement et spirituellement, et sur lesquels nous serons jugés : Les œuvres de miséricorde corporelle sont ainsi nommées : Visiter le malade - Donner à manger à celui qui a faim - Donner à boire à celui qui a soif - Secourir le captif - Vêtir celui qui est sans vêtement - Accueillir le pèlerin - Enterrer les morts.

Quant aux œuvres de miséricorde spirituelle, elles se présentent comme suit: Enseigner l’ignorant - Conseiller celui qui en a besoin - Corriger l’égaré - Pardonner les injures - Consoler le triste - Souffrir avec patience les adversités et les faiblesses du prochain - Prier Dieu pour les vivants et pour les morts. Des œuvres de miséricorde : pourquoi ? Parce que chacun de nos frères, que nous devons aimer, est la chair du Christ. « Dieu s’est fait chair pour s’identifier avec nous. Et ce qu’il souffre, c’est le Christ qui le souffre.» Des œuvres, parce qu’elles font partie du trésor de la tradition chrétienne. Et si, pendant le Carême, nous fixons notre regard sur le Christ crucifié, et revivons dans la liturgie de chaque jour tout ce qu'il a souffert à cause de nous, « nous ne pouvons pas penser que ce visage unique a cessé d'être présent dans l'histoire ».

  1. Fils et filles de l’Eglise Famille diocésaine, notre cœur doit être attentif au cri du malade, de celui qui a faim, de celui qui a soif, du prisonnier, de celui qui est sans vêtements.

«Chaque fois que je passe la porte d’une prison pour une célébration ou pour une visite, - disait le pape François-, il me vient toujours à l’idée cette pensée : "pourquoi eux et pas moi ?"»«Leurs chutes auraient pu être les miennes, je ne me sens pas meilleur de celui que j’ai en face de moi».(Cf. « Le nom de Dieu est miséricorde » janvier 2016).Comme dit saint Paul dans sa première lettre aux Colossiens : « Si un seul membre souffre, tous les membres partagent sa souffrance ; si un membre est à l’honneur, tous partagent sa joie » (1 Co12, 26), nous devons prendre le chemin de Dieu venu dans la chair, du Fils de Dieu qui s’est fait homme pour cheminer avec nous pour pouvoir nous rapprocher du monde de la souffrance

Jamais, nous ne devons non plus nous montrer incapables de « faire preuve de miséricorde » à l’égard de celui qui ignore beaucoup de chose dans sa vie, de celui qui a besoin de conseil pour  aller de l’avant, de celui qui est dans l’égarement , de celui qui prononce des injures contre nous, de celui qui est triste retranché dans sa solitude, du prochain dont les faiblesses et les adversités nous font souffrir , des vivants et des morts. Le Pape François souligne dans son ouvrage intitulé « Le nom de Dieu est miséricorde »«qu’il est nécessaire de sortir». «Sortir des églises et des paroisses, sortir et aller chercher les personnes là où elles vivent, où elles souffrent et où elles espèrent».

Engageons-nous tous  envers les familles en deuil, les familles fragilisées par des cas d’infidélité avérées et des enfants abandonnés, des jeunes filles exploitées ou victime des mariages forcées.

La place des jeunes dans le Jubilé de la miséricorde

  1. Je voudrais maintenant m’adresser d’une manière spéciale à tous les jeunes de notre Eglise Famille diocésaine.

Bien chers jeunes recevez toutes mes salutations et ma profonde considération. Vous êtes un don précieux pour l’Eglise et pour la société. Voilà pourquoi le Jubilé de la Miséricorde est aussi placé sous votre signe. Comme l’a souhaité le Pape François dans son message, les jeunes doivent découvrir encore mieux le Christ, «visage de la miséricorde du Père». Ils auront pour mission de clarifier le sens profond de la miséricorde. Réfléchir et redécouvrir son sens dans leurs vies, toutes ses richesses cachées et les annonces à notre monde.

Grâce à la commission en charge de toute la jeunesse dans notre diocèse plusieurs initiatives ont été prises en votre faveur en cette année de la jeunesse: un tournoi de Football dénommé « coupe de l’évêque ». Les équipes de la jeunesse paroissiale ont déjà commencé à s’affronter. L’objectif serait de «porter la joie du Jubilé de la Miséricorde aux jeunes à travers le Football». Cette activité, telle une école de miséricorde, vise à tisser des liens d’amitié et de fraternité entre vous les jeunes, entre les supporters, et entre les organisateurs ; « elle vise à instaurer non seulement l’unité de la jeunesse catholique mais aussi l’harmonie des caractères des fils du Père miséricordieux, à renforcer la connaissance mutuelle et la reconnaissance, à favoriser l’écoute, l’accueil et l’acceptation des différences et à s’inscrire dans une école du don de son avoir et de son être ». A notre époque où le pardon est un hôte rare dans les milieux de la vie humaine, le rappel à la miséricorde se fait plus urgent en chaque lieu où les jeunes se retrouvent.

Il y aura aussi des conférences sur des thèmes bien divers pour votre formation humaine et spirituelle. Je souhaite également qu’un congrès eucharistique vienne clore cette année qui vous est consacrée.

  1. Bien chers jeunes, je vous encourage aussi à poursuivre ce chemin de la miséricorde dans vos différents établissements scolaires et estudiantins en améliorant vos rapports les uns avec les autres, en étant assidus dans la recherche de la connaissance. Soyez miséricordieux à l’égard de vos parents, de vos enseignants et éducateurs en écoutant avec humilité leur conseil. Ayez pitié de votre pays le Burkina Faso en évitant de s’en prendre injustement aux autorités civiles et de saccager le bien public. « N’ayez pas peur de vous engager, d’affronter l’effort et le sacrifice, de choisir des chemins qui exigent la fidélité et la constance, l’humilité et le dévouement. Vivez avec confiance votre jeunesse et les désirs profonds de bonheur, de vérité, de beauté et d’amour vrai que vous éprouvez ! Vivez intensément cette phase de la vie si riche et pleine d’enthousiasme. Prenez conscience d’être vous-même des exemples stimulants pour les adultes. Plus vous vous efforcez de vaincre les injustices et la corruption, plus vous désirerez un avenir meilleur et vous vous engagerez à le construire, alors vous le serez vraiment. Ayez conscience de vos potentialités et ne vous repliez pas sur vous-mêmes, mais sachez travailler pour un avenir plus lumineux pour tous. Vous n’êtes jamais seuls. L’Eglise a confiance en vous, et elle vous suit, elle vous encourage et désire vous offrir ce qu’elle a de plus précieux » (Message du Pape Benoit XVI, décembre 2011). L’Église vous offre également une occasion spéciale de participation au Sacrement de la Réconciliation. Ayez « le courage de la miséricorde qui vous conduira non seulement à la recevoir régulièrement  pour vous-mêmes, mais à vous approcher des personnes qui sont dans la détresse»
  1.  Fils et Fille de l’Eglise Famille de Dieu à Koudougou, le carême de cette année jubilaire est certainement le moment le plus favorable pour nous convertir réellement, spirituellement et matériellement à la miséricorde divine. Nous pouvons nous donner l’ambition d’ériger la miséricorde divine comme source première de l’énergie vitale dont nous avons besoin dans les défis du quotidien.  Apprendre, enseigner, donner, accueillir la miséricorde et Mettre en évidence les œuvres corporelles et les œuvres spirituelles de miséricorde sont donc l’exigence première de ce temps de grâce.
  1.  L'épisode de la Transfiguration, que nous rapporte l'évangile de ce deuxième  dimanche de Carême nous révèle que la croix et la gloire céleste ne peuvent être séparées, car l'une est le chemin vers l'autre. Et il faudra que Jésus souffre et meure comme il l'a annoncé, pour entrer dans sa Gloire. Ainsi devons-nous désirer entrer un jour dans la réalité de la contemplation  du Christ glorifié.

Frères et sœurs, pendant ce temps de Carême, posons-nous certaines questions : Quel est le but que je donne à ma vie ? Suis-je vraiment tendu vers le Ciel, y voyant la seule vraie réussite de ma vie et de la vie de ceux que le Seigneur place auprès de moi ? Ou bien ne suis-je pas entrain de chercher le but de ma vie sur la terre ?

Evitons de vivre dans la passion des biens terrestres ; ils ferment l'âme, engendrent les disputes et éloignent notre cœur de Dieu. Ne cherchons pas non plus la gloire et la domination. Souvenons-nous que les richesses d'ici bas et la gloire terrestre ne sont que d'un instant, et que les vrais biens sont les biens éternels. Pensons aussi que notre comportement et nos paroles  forment l'atmosphère dans laquelle vivent les personnes que nous fréquentons ; dans laquelle grandissent les enfants et les jeunes dont nous avons la charge. Tout ce que nous pouvons acquérir de biens terrestres ne pourra nous sauver. Celui qui nous sauve, c'est Jésus-Christ.

Que Marie, la Mère de la miséricorde, modèle d'écoute et de fidèle adhésion à Dieu, nous accompagne dans notre marche vers Pâques !  Qu’elle nous aide à arriver, purifiés et renouvelés dans notre être aux fêtes pascales qui approchent.

Saint et fructueux Carême à toutes et à tous !

AMEN !

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Diocèse de Koudougou
BP 34 Koudougou
Burkina Faso

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